Autrefois considéré comme une mode passagère, le hip-hop a imprégné la musique pop américaine pour devenir le son le plus influent du genre au cours des 50 dernières années. Ses artistes sont devenus de véritables vedettes de la pop et même des entrepreneurs, des génies de la technologie et des producteurs de labels. Le hip-hop a été longuement négligé dans les plus grandes cérémonies de récompenses, comme notamment les Grammy Awards qui récompensent chaque année les meilleurs artistes américains et meilleurs techniciens dans le domaine de la musique. Le rap fait partie des dernières récompenses à avoir été ajouté aux prix qui distinguent les artistes de l’année.
2017 : un bon cru pour le hip-hop
Cette année, c’est Jay-Z qui se dresse en tête des nominés avec son très personnel « 4 :44 », suivi de Kendrick Lamar (DAMN). Tous deux sont en lice pour l’album de l’année ou la chanson de l’année. Ils rivaliseront notamment avec des chansons reggaeton-pop de type « Despacito » de Luis Fonsi, le puissant morceau du rappeur Logic sur le suicide « 1-800-237-8255 », le funky soul groove de Childish Gambino « Redbone » et le hip-hop rétro de Bruno Mars « 24K Magic ».
Le rappeur Buzzy Lil Uzi Vert luttera pour une première place devant de nombreux visages, dont l’auteur compositeur interprète Sza, première dame du célèbre label hip-hop Top Dawg Entertainment.
Cette année, les Grammys ont montré que la portée du hip-hop est bien plus large que tout autre genre musical et reflète un engagement de la part du jury et des connaissances de personnes très avisées. L’impact du rap et de la musique urbaine, tant au niveau commercial que culturel, est (enfin) reconnu.
Le pouvoir du hip-hop
Pour la première fois dans l’histoire, le rap a dominé l’ensemble des gens musicaux, s’annonçant comme le genre le plus consommé, combinant les ventes d’albums et les chiffres de streaming à la demande, selon le rapport semestriel publié par Nielsen Music. En réalité, le volume total d’achats liés au R&B : hip-hop est quasiment identique au total réalisé par le rock et la pop réunis. Un succès commercial qui a incité les électeurs des Grammy Awards à adopter le hip-hop parmi les grandes catégories, au risque d’être accusés d’être « déconnectés ».
Le directeur de Menace II Society lui-même, Allen Hughes, indique que le pouvoir du hip-hop est comparable à l’explosion du rap gangster au début des années 90. Il a, par ailleurs, été nominé pour la musique de film d du documentaire de Dr Dre et Jimmy Lovine, The Defiant Ones. Indiquant que le hip-hop est « le gens le plus malléable », Allen Hughes affirme également que « on peut tout faire avec le hip-hop ; cela devrait prendre le dessus ».
Aujourd’hui, et il était temps pour beaucoup, les Grammy Awards reflètent l’importance du hip-hop sur les villes, sur la culture et sur le monde.